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La Sede

 

La Sede

Un peu d’Histoire

Situé au cœur du faubourg Saint-Germain, entre la rue de Grenelle, la rue de Varenne et la rue du Bac, l'Hôtel de Galliffet fut construit par l'architecte Etienne-François Legrand entre 1776 et 1792 et fut le résultat d’adjonctions de terrains et de démolitions de bâtiments préexistants. Entouré de vastes jardins, l’hôtel se trouvait éloigné de son entrée, qui à l’époque s’ouvrait sur la rue du Bac, à l’actuel n°94, en face du couvent des Récollets. Le corps principal du bâtiment, de style néo- classique, présentait un majestueux péristyle de huit colonnes ioniques, un large passage conduisant au grand escalier orné de bas-reliefs et d’une coupole, des salons richement décorés sous l’illusion de ciels peints, encore visibles aujourd’hui. Les ornements du palais furent confiés à Jean-Baptiste Boiston, sculpteur du Prince de Condé. Deux ailes importantes étaient également prévues, mais seule l’aile sud, démolie en 1961 et qui abritait au premier étage une galerie d’apparat, sera finalement réalisée. Confisqué en 1792 par l’Etat, qui y installa le service des Relations Extérieures, l’Hôtel de Galliffet fut d’abord la demeure du père d'Eugène Delacroix puis de Talleyrand, qui s’y établit le 15 juillet 1797 et y resta, non sans quelque intermède, jusqu’au Congrès de Vienne.
C’est en effet dans ces salons que furent conçus les chefs-d’œuvre diplomatiques et sémantiques de la politique extérieure de Napoléon. De tous les événements politiques, culturels et mondains, la réception que donna Talleyrand pour Bonaparte à son retour de la campagne d’Italie, le 14 Nivôse de l’an VI, c’est-à-dire le 3 janvier 1798, reste mémorable. La fête, où l’on dansa la première valse de France, clôt le style révolutionnaire et ouvre l’époque napoléonienne. Sous la Restauration, une fois Talleyrand congédié, les Galliffet rentrés de leur exil forcé récupérèrent leur palais. Mais après la révolution de 1830 qui chassa les Bourbons, les Galliffet récusèrent les temps nouveaux et s’isolèrent un temps de la vie sociale. Les modifications apportées à l’Hôtel exprimaient bien cette attitude : ils renoncèrent à achever l’édifice et cédèrent les terrains de l’aile droite. Ils construisirent, en une maladroite opération immobilière, les immeubles sur la rue du Bac, amputant définitivement la façade de l’Hôtel de sa perspective frontale. L’ouverture latérale sur la rue de Grenelle ne pouvait pas compenser la perte d’une vision centrale : au terme de cette période de transition la façade devenait l’arrière de la demeure. Après cette période de repli, la famille de Galliffet participa bientôt à nouveau à la vie élégante du faubourg Saint-Germain, mais dès 1838 l’Hôtel de Galliffet fut loué successivement à l’Infant d’Espagne, don Francisco de Paula, et au nonce du Pape, Mgr. Fornari. Le faubourg Saint-Germain étant aussi le quartier des ambassades, le gouvernement italien décida en 1894 d’y installer son siège diplomatique en louant l’Hôtel de Galliffet, qu’il acheta définitivement le 22 mai 1909. En 1938, l’Ambassade se transféra de l’autre côté de la rue, à l’Hôtel de Boisgelin, suite à la cession par l’Italie du Palais Farnèse comme siège de l’Ambassade de France. L’Hôtel de Galliffet devint alors le siège du Consulat Général d’Italie et, à partir de 1962, de l’Institut culturel italien et de la Délégation Italienne auprès de l’OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement Economiques).
Créé en application de l'Accord Culturel franco-italien, l'Institut culturel italien relève du Ministère italien des Affaires Etrangères et de la Coopération internationale et jouit d'une autonomie opérationnelle. Il a pour but de promouvoir, soutenir et développer, dans les domaines culturel et linguistique, les rapports entre l'Italie et la France. Lieu de nombreuses rencontres, de débats et de manifestations culturelles, l'Hôtel de Galliffet abrite également une bibliothèque-médiathèque de
50.000 volumes, un bureau d'informations pédagogiques et culturelles ainsi qu'une école de langue italienne. Entre 1992 et
1993, des travaux de restauration, réalisés par l’architecte Italo Rota, ont restitué au rez-de-chaussée de l'Hôtel de Galliffet son ancienne splendeur.

Façade sur la cour
Le majestueux péristyle comporte huit colonnes ioniques de dix mètres de hauteur aux chapiteaux ornés de guirlandes de chêne. La façade principale comprend un rez-de-chaussée, un premier étage et un second étage en attique. De chaque côté, deux colonnes doriques encadrent l’entrée du passage couvert. Les fenêtres qui les surmontent sont décorées de frontons triangulaires portant des couronnes de chêne et de laurier, symboles de la Force et de la Gloire, qui reprennent les chiffres du Marquis de Galliffet. De chaque côté sont appliqués des moulages des nymphes de la Fontaine des Innocents (œuvre de l’artiste de la Renaissance Jean Goujon). A gauche, se trouve une fontaine posée au cours du XIXème siècle.

Intérieur
La galerie est ornée de deux lustres de verre de Murano, de deux scènes de bataille de Luca Giordano, peintre napolitain du XVIIème siècle, et de deux vues de port de l’école génoise de la même époque. Le grand salon de réception se distribue en deux pièces : la salle à manger et le grand salon. La décoration est due à Jean-Baptiste Boiston, déjà chargé du château de Chantilly et du palais Bourbon. Toute la décoration fut remaniée en 1798 par les architectes Augustin Renard et Montamant. Les salles, ornées de miroirs, sont l’une d’ordonnance ionique et l’autre corinthienne, communiquant entre elles par deux entre-colonnements. Les colonnes sont décorées en trompe-l’œil. La salle à manger évoque l’atrium d’une villa romaine : les miroirs abolissent murs et portes et le ciel simulé fait oublier le plafond. La voussure est décorée de grotesques d’inspiration dionysiaque et, en guise de consoles, de gracieux enfants au corps de poisson supportent des tablettes en marbre. Dans le grand salon, l’essentiel de la décoration est consacrée à Apollon et Diane. Au- dessus des portes, côté cour : Diane enlace le berger Endymion, puis le contemple après que Jupiter l’ait endormi pour l’éternité. Côté jardin : Apollon, le dieu de la Lumière et des Arts, mène son char à travers l’espace et est représenté avec une lyre à la main. Le centre du plafond est une peinture d’un ciel léger. Tout autour, des arcades en trompe-l’œil abritent des allégories des arts : la sculpture avec le dessin, la peinture et la gravure, la poésie et l’écriture, l’architecture et la géométrie. Dans les angles, des médaillons illustrent Amour et Psyché, Vénus et Cupidon, l’Enlèvement de Proserpine, Apollon poursuivant Daphné. Adossées aux médaillons, des jeunes femmes symbolisent les quatre continents : l’Amérique avec l’ours, l’Afrique avec l'éléphant, l’Asie avec le chameau, l’Europe accompagnée du cheval et de trophées d’armes. Une note d’exotisme est apportée par la très belle cheminée sculptée d’ananas, fruit rare et recherché à l’époque. A la suite du salon, la chambre à coucher de parade reprend les deux thèmes majeurs de la décoration de l’hôtel : les ordres et les bas-reliefs. La pièce est rectangulaire mais des colonnes ioniques et des demi-colonnes latérales supportent l’entablement ovale à modillons.
Le cabinet qui suit directement la chambre à coucher est d’une échelle différente : le plafond est beaucoup plus bas et les dimensions très modestes. Pour tout décor, des amours évoquent au-dessus des portes les Quatre Saisons avec une naïveté charmante. La jolie cheminée à colonnes date de Talleyrand. Le tableau qui a été installé à la fin de 1830 est de Leandro Bassano, peintre vénitien du XVIème siècle. Il faisait partie d’une véritable collection d’art italien qui comprenait aussi les tableaux de Luca Giordano dans la galerie.

Façade côté jardin
Le jardin de l’Hôtel de Galliffet fut le décor de fêtes somptueuses. Par exemple, le 8 juin 1801, Talleyrand y fait reconstruire en miniature la place du Palazzo Vecchio de Florence en l'honneur des Grands-ducs de Toscane. Un ordre colossal ionique, aux éléments semblables à ceux du grand péristyle, orne la façade. On y retrouve la même élévation et les mêmes motifs décoratifs que dans la cour d'honneur. Au rez-de-chaussée, à droite et à gauche des colonnes, s’ouvrent deux grandes fenêtres encadrées par deux colonnes doriques supportant un fronton triangulaire avec un médaillon sculpté d’un guerrier romain accosté à des casques empanachés et à des branches de chêne et de laurier.
Vers le premier étage : Escalier d’honneur
L’escalier actuel n’est pas celui d’origine, qui comportait deux volées de marches. Celles-ci démarraient en face des baies latérales du vestibule et s'incurvaient jusqu'à un palier de repos central d'où s'élevait un degré unique qui montait au premier étage. La balustrade était en fer poli et en cuivre. En 1898, le Gouvernement italien, en installant son siège diplomatique, fait modifier l’aspect de l’entrée en créant l’escalier actuel qui ne comporte plus qu’une seule volée de marches à balustres de pierre qui épouse la courbe du vestibule.
Au premier étage, la cage d'escalier apparaît comme une rotonde légèrement ovalisée. Douze colonnes ioniques à demi-engagées soutiennent la coupole, vitrée en son centre et décorée d'une épaisse guirlande et de chutes de feuillages. Entre les colonnes s'ouvrent de fausses fenêtres garnies de miroirs, surmontées de bas-reliefs qui évoquent les signes du Zodiaque par des épisodes de la mythologie grecque.

Etage Noble
Le premier étage de l’Hôtel de Galliffet est le siège de la Délégation Permanente d’Italie auprès de l’OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement Economiques). Le vestibule dessert une première antichambre, qui fait office de bibliothèque et débouche sur un passage orné de colonnes ioniques supportant une petite coupole. Dans les écoinçons sont représentés des amours. Suivent différentes pièces d’apparat qui constituaient autrefois les appartements privés de Talleyrand. Le grand salon, actuellement bureau de l’Ambassadeur, Représentant Permanent d’Italie auprès de l’OCDE, est caractérisé par une décoration d’époque Louis XVI, notamment les chambranles des portes finement moulurés, la série de bas-reliefs et la cheminée sculptée, ornée d'ananas. En revanche, la corniche et le motif central du plafond datent de l’Empire. Au-dessus des portes latérales sont visibles quatre épisodes célèbres de l'histoire d'Alexandre le Grand qui sont également l’œuvre de Boiston. Ce choix est un hommage au bâtisseur de l'hôtel, Simon-Alexandre de Galliffet, qui portait le prénom du roi de Macédoine. Dans le trumeau de la cheminée et son vis-à-vis, les bas-reliefs rectangulaires représentent d’un côté l'Astronomie et une joueuse de flûte double, de l’autre, la Géographie et une joueuse de luth. Au-dessus de la porte de communication avec le salon de musique, comme pour l'annoncer, deux autres musiciennes adossées à un trépied jouent de la lyre et de la flûte double. Dans ce salon de musique, les lambris sont ornés de rinceaux et d'instruments. La cheminée en marbre blanc est surmontée d'un miroir en plein cintre
et des pots à feu entourés de guirlandes garnissent les dessus de porte.

 


Luogo:

IICPARIGI - 50, rue de Varenne - 75007 Paris

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